Contre-assise du Handicap à l'Elysée 14 Decembre 2014 - Handicap Association parents en colere 77

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AU FIL DE L'ACTU
Décembre 2014 .
A Mr Hollande, président de la République

N’AYEZ PAS PEUR est le titre du film de Pascal Jacob présenté en ouverture de cette Conférence Nationale du Handicap. Bravo mais notre satisfaction s’arrête là.
Depuis le début de votre mandat, Monsieur le Président, de nombreuses familles et des professionnels vous ont interpellé, sur les problèmes de places, les insuffisances de l’inclusion scolaire, les dysfonctionnements relatant de la maltraitance dans certaines structures, l'expatriation en Belgique, la non application des lois pour protéger les lanceurs d'alerte, qu'ils soient Familles ou Professionnels.
Nous avons pour beaucoup reçus des courriers de vos services, nous expliquant de ne pas nous inquiéter car « tout serait gérer lors de la Conférence Nationale du Handicap prévue en décembre ».
Mais là surprise...Au menu pourtant de vos deux cents invités, il est prévu de parler d’une accessibilité toujours reportée, de santé et d’accès aux soins, et de jeunesse et d’éducation.
Monsieur le Président, le handicap et ses difficultés au quotidien ne serait se résumer qu'à cela...
Les familles et les professionnels attendent autre chose, du concret et non des têtes de chapitre et autres belles déclarations pour se donner bonne conscience.
L’accessibilité ne peut se limiter aujourd’hui principalement qu'au cadre bâti.
Pour la jeunesse et l’éducation, osera- t-on un jour considérer nos enfants comme des enfants et non comme des malades placés dans des établissements financés par le régime de la sécurité sociale?
Un enfant quel qu’il soit a un potentiel d’apprentissage et le droit à aller à l’Ecole. D’autres pays ont des écoles spécialisées qui dépendent du ministère de l’Education et ont les moyens d’accueillir les enfants dignement en fonction de leurs potentialités et sans pointer du doigt toujours leurs difficultés. Comment ose- t -on parler d’inclusion quand certains enfants ne sont admis que quelques heures par semaine et exclus, de fait le reste du temps?
Que dire des familles accueillies par des forces de l’ordre lors de la rentrée des classes et celles qui doivent se battre chaque jour pour la présence d’une Auxiliaire de Vie scolaire soit maintenue ?
En octobre 2013, l’affaire Amélie Locquet débouchait sur le dispositif Carlotti. Un an après, Mme Neuville ose publier des informations erronées sur la résolution des cas critiques identifiée. Le dispositif a certes limité les plaintes à l’égard de l’Etat mais a été une véritable pantalonnade imposée aux familles. Elles ont pour l’essentiel continué à se battre seules, à chercher des solutions dignes et adaptées pour leurs enfants et adultes.
Pire ce dispositif a stigmatisé certaines familles, les faisant passer pour des indésirables auprès de certains établissements. D’ailleurs s’il n’y avait aucun problème de places, peut- on nous expliquer pourquoi le dispositif n’arrive pas à en trouver pour une situation à droite ou à gauche ?
Etonnante démonstration par l’absurde ! L’exemple d’un enfant de 6 ans du monde usuel à qui l’on dirait d’attendre 3 ans avant d’entrer en CP ou de le faire à 200 kilomètres de chez lui, ne parle t- il pas de lui seul ? Il suffit de lire le courrier de l’association de Parents en Colère pour voir que les instances comme les MDPH noyée dans des procédures et le mélange de sujet comme la maladie, la vieillesse, la dépendance, ne peuvent aujourd’hui répondre à leurs objectifs et en particulier à ce dispositif.

Comment ne pas mettre au premier plan la question de l’insuffisance de places ? Comment ne pas aborder les questions soulevées par le rapport Piveteau paru en juin sur les ruptures de prise en charge ? Les chiffres existent et il vous suffira, monsieur, de lire les quelques rapports que nous vous déposons, les dizaines d’histoires et de vie brisées que nous vous donnons à lire. Ces deux sujets devraient figurer dans les objectifs prioritaires d’une telle journée.
Ces insuffisances aboutissent chaque année à des drames familiaux : un infanticide parfois, une mère qui menace de s’immoler ailleurs.
Le handicap n’est pas la seule cause de ces drames.
La maltraitance administrative dont nous sommes TOUS victimes avec des dizaines de dossiers inutiles et répétitifs, l’insuffisance des aides opérationnelles et concrètes sont complices de ces situations extrêmes.
La santé et l’accès en soins sont de belles promesses.

Mais comment peuvent- elles se mettre en place si les établissements ne disposent pas des moyens et de formations suffisantes?
Les personnes polyhandicapées, oubliées une fois de plus du communiqué de presse de la CNH, sont si souvent en défaut de soins laissées à la charge exclusive de leurs parents ou dans des établissements qui ne peuvent répondre à tous leurs besoins.
Que diriez- vous monsieur, si un de vos proches présentaient un cancer et que tous les soins ne pouvaient lui être donnés demain par faute de moyens ou de formation des personnels.
Nous sommes en France à quelques jours de 2015 !
L’insuffisance de moyen aboutit aussi et malheureusement à des situations de maltraitance en établissement. Cette problématique a été mise en lumière et relayé par des médias locaux et nationaux mais aussi par l'émission du 19 Janvier 2014 : Ces Centres qui maltraitent les enfants handicapés, avec notamment le triste exemple de l'IME de Moussaron, "affaire" emblématique dénoncée à de multiples reprise depuis 1 995 par plusieurs générations de lanceurs d'alerte, sans suivi de réelles décisions.
Tant qu’une évaluation décente des besoins des personnes handicapées et des contrôles ne sera pas réalisée, les réponses seront inadaptées et mettront en danger autant les familles, les professionnels et les personnes concernées.
L’actualité de 2014 devrait pourtant rendre cette question prioritaire. Le dispositif de la CNSA visant à enregistrer les signalements est encore un effet de façade. Les lanceurs d’alertes professionnels sont dans la quasi- totalité des cas licenciés, les familles expulsées quand elles osent signaler de tels dysfonctionnements, dans les deux cas parents/professionnels des menaces et chantages en tout genre sont mis en œuvre dans le seul but de "faire taire" les fauteurs de troubles qui ne font que leurs devoirs de citoyens.

Avant qu’une enquête soit déclenchée par les conseils généraux et les ARS, il se passe des mois d’attente. Elles sont souvent classées sans suite par la Justice.
Les familles et professionnels qui ont tenté d’alerter préfet, ars, mdph, justice, se retrouve souvent face à un mur de déni et de silence. Il faut briser ces chaînes à moins que vous ne considériez, Monsieur le Président, que ces personnes ne disposent pas des mêmes droits de protection que les citoyens. Si une pétition en ligne, en soutien à un lanceur d'alerte depuis le 2 Décembre 2014 a récolté des milliers de signatures en quelques jours, cela n'est pas si "anodin"
Alors Monsieur le président, oui, N’AYEZ PAS PEUR.
N’AYEZ PAS PEUR de demander une mission prioritaire d’évaluation des besoins de nos enfants et adultes, des oubliés et des exilés. C’est la seule bonne et grande décision qui devrait se dégager de cette CNH.
Pourquoi ne pas avoir entendu ces messages ? N’y a t- il que des actions de rue pour faire avancer les sujets.
Faut- il que nous nous attachions ou menacions de grève de la faim pour obtenir une écoute objective et sincère.
Evidemment, bon nombre de familles, accaparées par un quotidien trop lourd ou désespérées d’un immobilisme d’Etat, ne trouvent plus le courage le faire.
Évidement bon nombre de professionnels par peur des conséquences et soumis au dicta de la loi du silence ne le feront pas ....
Aujourd’hui n’est qu’une première fois, un premier rassemblement annonçant une année 2015 ou nous occuperons le pavé, si c’est la seule issue qu’on nous propose.
N’AYEZ PAS PEUR de créer un Organisme composé de parents et de professionnels ayant une expertise du sujet, comité qui déciderait de la politique du handicap au long court indépendamment des aléas électoraux.
Notre sujet ne peut être qu’universel et une action ne peut être efficace que dans la durée.
Une action militante de terrain permet à beaucoup de Parents, de Familles et de Professionnels côte à côte, Ensemble, d’œuvrer dans l’intérêt général. N’AYEZ PAS PEUR de nous faire confiance.
N’AYEZ PAS PEUR d’être le Président qui montrera l’exemple d’une politique humaniste du handicap, de la fin des promesses et des lois non appliquées, celui qui refusera des arguments économistes et participera à un changement de regard en profondeur. Les personnes handicapées mais Citoyens à part entière et Être Humain d'abord peuvent être générés des emplois mais aussi redonner des repères de solidarité dans un pays en perte de valeurs.
Non vraiment, N’AYEZ PAS PEUR

 
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